Essai routier de la 204 réalisé par JP Thevenet
pour le magazine l'Automobile en décembre 1965 (n°236).

Pour 8950 F prix catalogue, laissez vous tenter...

Très brièvement, retraçons rapidement ici les caractéristiques essentielles d'une voiture qui fut certainement en France, sur le plan technique, la super nouveauté de l'année. La 204 est donc une traction avant dont l'ensemble motopropulseur est disposé transversalement suivant, à quelques détails près, la technique innovée par B.M.C. il y a plusieurs années.

Le moteur est un des rares ensembles que nous connaissions en grande série à être entièrement en aluminium coulé sous pression. Mécaniquement, il constitue, sans aucun doute, la pièce maîtresse de ce modèle puisqu'il est, de plus, à arbre à cames en tête, qu'il est équipé d'un vilebrequin cinq paliers et que son refroidissement est confié à un ventilateur débrayable. Cet ensemble, est du type supercarré (75 mm d'alésage et 64 mm de course). Sa cylindrée exacte est de. 1130 cm3 et son rapport volumétrique de 8,8/1. Ainsi conçu, il développe 88 ch à 5 800 tr/mn. Tous les éléments constitutifs de la transmission sont, groupés dans un seul carter et sont lubrifiés par la même huile que le moteur.

Quant à la suspension, elle est à roues indépendantes tant à l'avant qu'à l'arrière alors qu'il faut noter à l'avant l'apparition des freins à disque chez Peugeot. La direction à crémaillère est donc en fait le seul et dernier témoin des traditions de conception sochalienne.

Voilà donc, très rapidement, esquissées les grandes lignes d'une voiture dont nous avons pu prendre le volant sur plus de 2000 km. Mais comment se présente la 204 aux yeux de son éventuel acquéreur? Esthétiquement, on peut ne pas la trouver banale, quant à estimer qu'elle est jolie, c'est une affaire de goût personnel !

A l'avant (tout comme à l'arrière d'ailleurs) les pare-chocs ne sont pas munis de gardes. Le capot moteur soulevé, on constate que l'accessibilité générale est satisfaisante. En ce qui concerne l'habitacle, on est frappé par l'excellente visibilité qui existe sous tous les angles. Même mention pour l'habitabilité, remarquable à l'avant et très convenable à l'arrière même lorsque les sièges sont reculés.
La garde au toit est digne d'une grosse voiture et la position de conduite louable.

Sur le plan de l'aménagement de la carrosserie, la liste des satisfactions s'arrête là, ce qui est peu sur une voiture de ce prix. Les plus optimistes vous diront que le tableau de bord est austère. Plus simplement nous le trouvons triste. il se compose essentiellement d'une vaste tablette parcourant toute la largeur de la voiture. Derrière l'axe du volant, un boîtier réunit l'indicateur de vitesse, quelques instruments de contrôle et quelques voyants. On ne rencontre ni compteur journalier, ni thermomètre à eau, ni avertisseur lumineux, ni même un pauvre témoin de phares. Le cendrier est fragile et peu pratique et ne quittons pas la planche de bord sans remarquer qu'elle ne comporte aucun vide-poche fermant à clef ou ne serait-ce même qu'équipé d'un couvercle.

A l'avant comme à l'arrière, on remarque dans chaque panneau de porte un accoudoir très pratique mais il n'y a pas trace de la moindre poignée de maintien. Toujours à l'avant si l'on peut admettre que le dessin des sièges est satisfaisant et que le système de leur réglage longitudinal est pratique, il faut vivement déplorer l'absence de toute possibilité d'inclinaison du dossier, lacune inadmissible sur une voiture de cette catég orie tout comme le refus d'offrir un cendrier aux occupants arrière.



Enfin, nous noterons que la. tenue en endurance des sièges avant et de la banquette arrière n'est pas irréprochable. Sur une voiture de 7000 km, l'assise s'affaisse à l'arrière et formé avec le dossier une cuvette peu agréable. Même remarque pour la banquette arrière qui présente un peu trop généreusement aux cuisses la fermeté de la face avant de sa carcasse, Quittons l'habitacle et nos vifs regrets en espérant que, très rapidement, les indispensables remèdes seront apportés à tant de maux et jetons un dernier il sur le coffre. son volume est fort intéressant d'autant que - la roue de secours est placée à l'extérieur. Sur le côté droit, on trouve soigneusement fixé le cric qui est aussi solide que pratique. Le coffre -refermé, l'il, tombe sur une sortie d'échappement peu esthétique qui mériterait que l'on veuille bien la recouvrir d'un petit enjoliveur. Enfin, l'aspect pratique du bouchon de réservoir est très discutable. Bien qu'il soit muni d'une flèche, peu de pompistes savent que son verrouillage obéit à un sens de fermeture.